Les Sédiments de Lumière

Mirages, traces et autres silences

Échapper à la carte postale, c’est d’abord refuser l’imposture du spectaculaire.

La carte postale est un mensonge de saturation et de perfection ; elle fige un été qui n’existe pas. Ces images cherchent autre chose. Elles traquent ce qui s’est déposé au fond du tamis après que la foule a quitté la rive.

Ce travail consiste en une archéologie du fragment. Je ne cherche pas le coucher de soleil embrasé, mais la géographie imprévue d’une ombre sur un dos brûlé, la structure presque architecturale d’un parasol clos ou le dessin des pas qui se perdent dans l'eau grise.

Les photographies rassemblées ici sont des résidus de présence. Ce sont des traces de sel sur la peau, des éclats de verre polis par le lac, des instants de grâce dénichés dans le banal.

Photographier ainsi, c’est accepter que la beauté n’est pas dans l’ensemble, mais dans la scorie, dans ce petit rien qui survit au passage du temps.

Chaque image est ainsi un texte muet. Elle ne montre pas la plage ; elle montre l’empreinte que la plage laisse en nous.

C’est une invitation à voir la lumière non plus comme une clarté aveuglante, mais comme une matière qui se dépose, s'effrite et finit par constituer le socle de nos souvenirs les plus tenaces.

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